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Jean-Pierre Jeunet est de retour avec Changer l’eau des fleurs, avec Leïla Bekhti. Le premier teaser donne vraiment envie d'y croire.

Il fut un temps où aimer Jean-Pierre Jeunet était chose aisée. Après sa période glorieuse aux côtés de Marc Caro, qui a donné lieu à plusieurs courts-métrages marquants comme Le Manège, Le Bunker de la dernière rafale et Foutaises, suivis par les incroyables Delicatessen en 1991 et La Cité des enfants perdus en 1995, il y eut aussi Alien, la résurrection en 1997, film que nous défendrons tant qu'il le faudra.

Puis vint l'anomalie sauvage qu'est Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain en 2001, qui a cimenté sa renommée internationale. Cet immense succès lui a permis d'enchaîner avec Un long dimanche de fiançailles en 2004, et depuis... c'est compliqué. Côté français : Micmacs à tire-larigot en 2009, avec Dany Boon. Côté américain : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet en 2013, sachant qu'il avait un temps travaillé sur Life of Pi avant d'abandonner le projet. Et enfin, l'abyssal Big Bug, sorti en 2022 sur Netflix, qui a confirmé les pires craintes.

Néanmoins, l'espoir renaît avec l'envoûtant teaser de son nouveau film, Changer l’eau des fleurs.

BigBug : photo, François Levantal Big Yuck

Un parfum de promesse

Jean-Pierre Jeunet s'empare du roman de Valérie Perrin, Changer l’eau des fleurs, paru en 2018. L'histoire suit Violette (Leïla Bekhti), une gardienne de cimetière dans une petite ville de Bourgogne, qui vit au rythme des visiteurs et de leurs confidences dans sa loge. Jusqu'au jour où un policier (Melvil Poupaud) débarque pour déposer les cendres de sa mère sur la tombe de celui qu'elle aimait. Intrigué par l'histoire de Violette, dont le mari (Matthias Schoenaerts) a mystérieusement disparu, il décide de l'aider à enquêter.

Sur le papier, cela ne ressemble pas vraiment à un film de Jean-Pierre Jeunet. Mais le teaser, sur l'air de Quand on n’a que l’amour, laisse présager le contraire : accessoires atypiques, éléments d'enquête, plans larges spectaculaires, personnages qui dansent, ambiance conte de fées... Si l'on veut y croire, il y a ici suffisamment d'éléments pour reconnaître le Jeunet que l'on aime.

Jean-Pierre Jeunet a co-écrit l'adaptation du livre avec son fidèle collaborateur Guillaume Laurant, co-scénariste du Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Un long dimanche de fiançailles, Micmacs à tire-larigot, L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet et Big Bug. Parmi les autres habitués, la costumière Madeline Fontaine, la chef décoratrice Aline Bonetto et le monteur Hervé Schneid accompagnent également le cinéaste depuis des années. Autre nom notable au générique : l'artiste électro Saycet signe la bande originale.

Jean-Pierre Jeunet s'est assuré un budget conséquent pour l'occasion, aux alentours de 21 millions d'euros. À titre de comparaison : L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet (27 millions en 2013), Micmacs à tire-larigot (27 millions en 2009), Un long dimanche de fiançailles (45 millions en 2004).

L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet : photo, Dominique Pinon Dominique Pinon en fera évidemment partie

Changer l’eau des fleurs sortira en salles le 9 décembre, une semaine avant le début d'une période chargée avec l'arrivée de Avengers: Doomsday et Dune: Part Three le 16 décembre, suivis de Jumanji: Welcome to Our World la semaine d'après.

Reste à savoir si le public répondra présent pour le retour de Jeunet au cinéma, car depuis Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (8,6 millions d'entrées en 2001) et Un long dimanche de fiançailles (4,4 millions en 2004), Micmacs à tire-larigot (1,2 million en 2009) et L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet (moins de 700 000) n'ont pas vraiment attiré les foules.