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Le parcours pour porter Artificial à l'écran a été aussi dramatique que son sujet. L'été 2026 a vu Amazon MGM Studios se retirer brusquement de la production, apparemment par crainte de contrarier Sam Altman dans la vraie vie – une décision que beaucoup ont attribuée à la relation privilégiée entre Jeff Bezos et le patron d'OpenAI. Cet abandon a laissé le biopic réalisé par Luca Guadagnino apparemment à l'abandon, menaçant son existence même. Cependant, un revirement spectaculaire en juillet a vu le distributeur indépendant NEON (connu pour des films acclamés par la critique comme Moi, Tonya, Parasite, Longlegs et Anora) intervenir, garantissant au film une sortie en salles. Après avoir mis l'eau à la bouche du public avec une première image intrigante, NEON a maintenant dévoilé une bande-annonce complète. Cette première vidéo suffocante plonge les spectateurs tête la première dans une atmosphère troublante, mêlant paranoïa technologique et prophétie apocalyptique.

La Guerre Artificielle

Artificial est censé revisiter les événements sismiques de novembre 2023, lorsque le conseil d'administration d'OpenAI a évincé Altman de son poste, pour le réintégrer cinq jours plus tard sous les applaudissements. Cependant, le récit devrait également retracer les origines de ChatGPT, à partir de 2003 avec le scientifique informatique soviétique Ilya Sutskever (Yura Borisov), qui a été encadré par Geoffrey Hinton (Mark Rylance), avant que son chemin chez Google ne croise celui de l'ambitieux Sam Altman.

Dès ses premières secondes, la bande-annonce soulève des questions. Un véhicule élégant, noir, à la Batmobile, apparaît, d'où émerge Altman, dégageant l'aura d'un gourou de la Silicon Valley entrant dans sa forteresse. L'imagerie bascule ensuite dans un délire survivaliste alors que le personnage est suivi jusqu'à un coffre-fort éclairé en bleu néon, rempli de rangées de fusils d'assaut. Il est difficile de ne pas y voir la représentation d'une classe oligarchique, imprégnée de catastrophisme, se préparant activement à la fin du monde.

artificial Trinquer à l'apocalypse

La bande-annonce est ponctuée de prédictions en voix off qui annoncent l'effondrement pur et simple de la civilisation actuelle : « Les États tomberont. Les industries seront détruites. Et nous serons là, comme des bergers, pour guider les gens dans ce nouveau monde. » Tout cela culmine avec le sourire final et glaçant d'Andrew Garfield – le sourire d'un sociopathe contemplant l'apocalypse qu'il est sur le point de déchaîner sur l'humanité.

Derrière la caméra, Luca Guadagnino réalise, avec Damon Albarn (le cerveau derrière Blur et Gorillaz) composant la partition originale. Devant la caméra, Andrew Garfield mène une distribution étoilée comprenant Yura Borisov (Anora), Monica Barbaro dans le rôle de Mira Murati, Cooper Hoffman dans celui de Greg Brockman, Jason Schwartzman, Chris O’Dowd, Mark Rylance, et un Ike Barinholtz étonnamment choisi pour incarner Elon Musk.

Artificial devrait faire ses grands débuts le 5 octobre 2026, au New York Film Festival (NYFF) – un lieu familier pour Guadagnino, qui y a déjà présenté en première Call Me by Your Name, Bones and All, Queer et After the Hunt. Le film arrivera ensuite dans les salles américaines pour Noël, le 25 décembre 2026. Une date de sortie française n'a pas encore été annoncée.